Budget 2027 : Un renchérissement du coût du travail insupportable pour les entreprises du transport et de la logistique
Baisse des allègements, transfert de charges vers les complémentaires santé, refonte des AT/MP, hausse des indemnités de ruptures : l’Union TLF dénonce un alourdissement massif des charges pesant sur un secteur à forte intensité de main-d’œuvre et soumis à une concurrence étrangère exacerbée.
Le travail, variable d’ajustement du budget 2027
Le projet de budget 2027 présenté par le gouvernement fait du coût du travail sa principale variable d’ajustement. Prise isolément, chaque mesure peut sembler technique. Cumulées, elles représentent un choc brutal pesant sur les entreprises de transport de marchandises et de logistique. Parmi elles :
- Nouveau gel des allègements de charges et intégration de l’épargne salariale dans leur assiette de calcul. La France est déjà, après prise en compte des allègements actuels, le pays de l’UE où les coûts non salariaux pèsent le plus lourd dans le coût du travail : 32,3 % en 2025, contre 24,8 % en moyenne européenne (source : Eurostat).
- Transfert massif de charges vers les complémentaires santé : prorogation de leur surtaxation, plafonnement des franchises, relèvement du ticket modérateur. Ce sont in fine les employeurs et les salariés qui paieront.
- Hausse des indemnités de rupture.
- Refonte des risques professionnels : plafonnement des indemnités journalières AT/MP à 1,8 SMIC et tarification calculée au niveau de l’entreprise et non plus de l’établissement. Cette dernière mesure pénalisera tous les groupes multisites, nombreux dans notre filière.
Un risque réel pour l’emploi dans la filière transport et logistique
La branche du transport et de la logistique, c’est plus de 800 000 emplois répartis sur l’ensemble du territoire (source : OPTL 2025). Au total, notre filière soutient, de manière directe et indirecte, 3,2 millions d’emplois et 9% du PIB (source : cabinet Asterès).
Nos entreprises évoluent dans un marché européen ouvert, face à des concurrents qui ne supportent pas ces charges. Chaque euro de coût supplémentaire se traduit par moins d’embauches, moins d’investissements dans la décarbonation des flottes et des entrepôts, et des parts de marché cédées aux pavillons étrangers.
Pour rappel, la part du pavillon français dans le transport routier de marchandises en France a chuté à 58% des tonnes-kilomètres contre 90% il y a trente ans (source : SDES, ministère des Transports).
L’Union TLF agit pour défendre l’emploi en France
Dans ce contexte, l’Union TLF annonce avoir déposé un recours devant le Conseil d’État contre le décret gelant les allègements de charges (décret n°2026-509 du 12 juin 2026).

« Notre secteur est fier de compter parmi les cinq premières filières employeuses de France, mais pour combien de temps encore ? On se trompe de cible : en voulant réduire les déficits publics, on transfère notre activité aux pavillons étrangers – et donc l’emploi, les recettes fiscales et notre infrastructure logistique. Taxe après taxe, charge après charge, on organise le déclin du pavillon français et la perte de souveraineté logistique de notre pays. Comment peut-on répondre aux attentes légitimes de pouvoir d’achat de nos salariés dans ce contexte ? Nous demandons au gouvernement et aux parlementaires de revenir sur ces mesures. »
Jean-Thomas Schmitt,
Président de l’Union TLF
Téléchargez le communiqué de presse
📞 Contact presse : Julie Rambaud – julie@myprettyagency.com – 06.26.36.90.46


