Note de conjoncture de la logistique - octobre 2026

Une activité logistique sans élan…
Les volumes de la logistique contractuelle française ont été stables au premier semestre 2026, relativement à la même période de l’année précédente. L’indice d’activité des entreprises du stockage et de l’entreposage, mesuré chaque trimestre par l’Insee et diffusé par le service statistique du ministère des Transports, renseigne en effet une hausse de seulement 0,1 % sur un an (résultat provisoire).
Après une faible hausse au premier trimestre (+0,4 % sur un an), l’activité a légèrement reflué au deuxième (-0,2 %).
Cette quasi-stabilité laisse l’activité semestrielle 5,6 % en dessous du pic atteint au second semestre 2022, alors que l’économie française profitait du rebond post-Covid.

… en cohérence avec le contexte économique français
Cette stabilité des prestations logistiques est à lier à l’atonie persistante de la consommation des ménages et aux difficultés qu’endurent de nombreuses filières industrielles.
Une consommation nationale peu porteuse
Suivant les comptes nationaux, la consommation française n’a progressé que de 0,2 % sur un an au premier semestre. Les achats alimentaires ont reculé de 0,7 %, avec, dans le détail, une baisse des achats d’aliments transformés (-1,1 %) partiellement compensée par une progression des achats de produits agricoles non transformés (+1,6 %).
Les achats de biens fabriqués, hors alimentation, hors énergie et hors matériels de transport, ont offert un point d’appui. Après plusieurs années de stabilité, ils ont augmenté de 1,7 % sur un an au premier semestre. Cette progression a été principalement portée par les biens d’équipement (+5,3 %), ce poste ayant notamment profité des ventes estivales de climatiseurs.
Des clients industriels à plusieurs vitesses
La production manufacturière française a progressé de 1,3 % sur un an au premier semestre, mais cette hausse masque de fortes disparités entre les filières. Le segment aéronautique et naval (+15 %) et la fabrication de matériels informatiques et électroniques (+5 %) affichent une croissance soutenue. À l’inverse, l’industrie agroalimentaire reste en recul (-1,5 %) et l’automobile accuse une baisse marquée (-6,3 %). Pour les logisticiens, la croissance industrielle d’ensemble ne signifie donc pas un redressement généralisé de leurs marchés, loin de là.
Les prix de la logistique ont progressé moins vite que l’inflation générale
La hausse des prix de la logistique s’est légèrement accélérée, passant de seulement +0,8 % sur un an au premier trimestre à +1,7 % au deuxième.
Elle reste néanmoins inférieure à l’inflation des prix à la consommation, qui atteint 2,1 % au deuxième trimestre, sous l’effet de l’accélération des prix des produits pétroliers.
La comparaison avec les services aux ménages, dont les prix ont augmenté de 2 % sur la même période, confirme la modération relative des prix de la logistique.

Les ventes des logisticiens progressent modestement
L’indice de chiffre d’affaires des entreprises de stockage et d’entreposage, établi chaque mois par l’Insee à partir des déclarations de TVA, a augmenté de 1,7 % sur un an au premier semestre 2026 en données brutes, et de 1,4 % après correction des jours ouvrés.
La croissance s’avère néanmoins plus soutenue en logistique frigorifique : les ventes du semestre ont progressé de 5 % sur un an, contre seulement 1,2 % dans l’entreposage non frigorifique (données brutes). Le poids du frigorifique reste néanmoins limité : il ne représente que 9 % du chiffre d’affaires des prestations logistiques en France.

Contacts
Christophe Marques, Délégué aux affaires économiques : cmarques@e-tlf.com
France Beury, Directrice déléguée au pôle Supply Chain : fbeury@e-tlf.com

