Compétitivité des ports français : un rapport pour sortir du déclin et retrouver une dynamique de compétitivité
Avec environ 180 000 emplois directs et plus de 350 000 emplois directs et indirects, ainsi que 15 milliards d’euros de valeur ajoutée par an, l’activité portuaire pèse lourd dans l’économie française. Un poids que sa part de marché ne reflète pourtant pas : les ports français ne captent que 8,5 % du trafic conteneurisé nord-européen, et le trafic cumulé des Grands Ports Maritimes métropolitains reste inférieur de plus de 40 % à celui du seul port de Rotterdam.
Le Comité d’évaluation et de contrôle des politiques publiques de l’Assemblée nationale a rendu public, le 7 juillet 2026, son rapport sur la compétitivité des ports français, présenté par les députés Agnès Firmin Le Bodo et Matthias Renault. Il évalue les ports depuis ceux qui y font passer les marchandises. Ses quarante recommandations dessinent une trajectoire crédible qui restera à tenir.
TLF Overseas salue un examen lucide de ce qui détourne les flux vers Anvers, Rotterdam ou Hambourg. La mission a écouté les clients des ports, commissionnaires de transport, compagnies maritimes, chargeurs, transporteurs. Dégradation de la qualité de service des compagnies maritimes, congestion, recomposition des alliances, érosion continue des parts de marché : les difficultés sont nommées, mesurées, situées. C’est la condition pour agir, et TLF Overseas, entendue tout au long des travaux, y retrouve la voix des opérateurs.
Pour TLF Overseas, tout part de là : un port n’a de sens que par sa capacité à faire circuler la marchandise. Sa vocation première n’est ni immobilière ni foncière : c’est d’être une porte d’entrée et de sortie fiable, rapide et compétitive pour les chaînes logistiques internationales, au service des chargeurs, des industriels et des exportateurs et importateurs français. C’est en remettant cette fonction de gateway au cœur des politiques portuaires que les ports français regagneront durablement les parts de marché perdues face à leurs voisins européens.
Continuité, foncier, gouvernance : les leviers d’un redressement
Le rapport reprend plusieurs leviers que TLF Overseas défend de longue date. La continuité du service portuaire en cas de crise ou de blocage, d’abord : les ports français traînent un « effet mémoire » des conflits sociaux qui abîme leur réputation, quand leurs voisins européens connaissent autant de grèves sans en payer le même prix. Autoriser chaque place portuaire à activer un plan de continuité en cas de blocage, comme le propose la mission, romprait avec cette réputation.
Le foncier logistique, ensuite : réserver les espaces bord à quai aux activités maritimo-portuaires et contenir la hausse des charges domaniales, pour rendre aux investisseurs un horizon aujourd’hui bouché par l’empilement des contraintes. La gouvernance, enfin : une Stratégie nationale portuaire assortie d’objectifs mesurables et contrôlés par le Parlement, une loi de programmation pluriannuelle pour sécuriser l’investissement de l’État, et l’ouverture des conseils de surveillance des grands ports maritimes aux acteurs économiques privés. À quoi s’ajoute un impératif que le rapport pose sans détour : mieux relier les ports sur le fluvial et le fer quand c’est possible.
Un chemin à ne pas laisser sans suite
À l’approche de l’élection présidentielle, TLF Overseas appelle l’ensemble des groupes à inscrire la reconquête portuaire dans leurs priorités.

« Ce rapport regarde nos ports avec les yeux de ceux qui les font vivre : les entreprises qui acheminent les marchandises. Ce qui a manqué jusqu’ici, c’est une trajectoire tenue dans la durée. C’est le rendez-vous que ce rapport fixe aux responsables politiques. TLF Overseas sera un partenaire exigeant mais constructif pour faire de nos ports, des atouts de souveraineté. »
Philippe de Crécy, président de TLF Overseas

