Élection présidentielle 2027, le transport et la logistique au cœur des préoccupations des Français
Trois mois après l’étude Asterès, qui a chiffré à 9 % du PIB le poids du transport de marchandises et de la logistique, l’Union TLF a demandé à Toluna Harris Interactive ce que les Français en pensent. Réponse de 1 041 personnes, interrogées du 17 au 26 août 2026 : ils ont compris ce que la filière apporte au pays, et ils attendent des pouvoirs publics qu’ils la laissent travailler.
Verdict : les Français font d’eux-mêmes le lien entre logistique, pouvoir d’achat, emploi et souveraineté.


Un secteur essentiel, et les Français le savent
Neuf Français sur dix reconnaissent au transport de marchandises et à la logistique un rôle essentiel : à l’approvisionnement des territoires (93 %), à la continuité des chaînes d’approvisionnement (93 %), au bon fonctionnement de l’économie française (92 %) et à l’indépendance économique du pays (90 %). Dans les communes rurales, la reconnaissance du rôle d’approvisionnement atteint 96 %.
Cette perception rejoint la réalité économique mesurée en juin par le cabinet Asterès : 3,2 millions d’emplois soutenus, 574 milliards d’euros d’activité et 9 % du PIB, l’équivalent de la totalité des exportations françaises de biens. Une filière que l’économiste Nicolas Bouzou qualifiait alors d’« infrastructure productive à part entière », et dont l’opinion, sans en connaître les chiffres, mesure le caractère indispensable.
Jugé essentiel par 93 % des Français, le secteur du transport et de la logistique est entré dans leur quotidien : deux sur trois se font livrer au moins une fois par mois, d’abord parce que le produit n’est pas disponible près de chez eux.
Pouvoir d’achat, emploi, territoires : trois liens que les Français font d’eux-mêmes
Près de trois Français sur quatre (73 %) estiment qu’encourager l’implantation d’entrepôts en France augmente leur pouvoir d’achat.
Le secteur est perçu comme un moteur des territoires : il crée des emplois localement (87 %), dynamise l’économie locale (85 %), représente une opportunité économique pour les territoires (85 %) et attire de nouvelles entreprises et de nouveaux investisseurs (81 %). Les habitants des communes rurales sont les plus convaincus (89 % sur la dynamisation de l’économie locale).
Il est aussi vu comme un gisement d’emplois ouvert à tous : 91 % des Français estiment qu’il offre des opportunités professionnelles aux jeunes, 91 % aux personnes peu ou pas diplômées, 89 % aux personnes en reconversion et 85 % aux femmes.
En juin, l’étude Asterès a établi que 81 % des emplois de la filière sont situés en régions, hors Île-de-France, que 75,6 % des offres d’emploi du secteur sont des CDI, contre 47,6 % pour l’ensemble des offres, et que 64,2 % des candidats accèdent à un emploi six mois après une formation. 67 000 entrepôts, le plus souvent de moins de 1 500 m², maillent le pays : en Centre-Val de Loire, jusqu’à 16 % de l’emploi en dépend.
Face aux politiques publiques, le pragmatisme
C’est sur ce terrain que le sondage est le plus instructif. Les Français ne se font pas d’illusions : 82 % jugent le secteur polluant, et ils en attendent la décarbonation. 54 % se déclarent favorables aux mesures restreignant la circulation des véhicules thermiques en agglomération, 63 % chez les 18-34 ans. Mais l’adhésion se fissure dès que l’on s’éloigne des villes : 56 % des habitants des communes rurales y sont opposés, comme 53 % des 65 ans et plus.
L’objectif est partagé ; c’est sur les moyens que les Français tranchent. Six sur dix refusent une taxation des moteurs thermiques, qu’elle soit présentée au nom de la transition écologique (58 %) ou du passage aux véhicules électriques (62 %). À l’inverse, 74 % estiment que permettre aux camions de transporter davantage de marchandises contribue à la décarbonation du secteur. Une solution opérationnelle, sans coût pour le contribuable, recueille plus d’adhésion qu’un impôt.
Même lucidité sur la compétitivité. Les Français savent que la filière évolue dans un environnement fortement concurrentiel à l’échelle internationale (89 %) et, pour 61 % d’entre eux, qu’elle est délocalisable. 74 % estiment que taxer les entreprises françaises de transport de marchandises favorise la concurrence étrangère. Autrement dit, ils jugent une politique publique à ses effets, pas à ses intentions.

« Les Français ont compris avant les pouvoirs publics ce que la logistique apporte au pays. Ils font le lien entre un entrepôt et leur pouvoir d’achat, entre un camion et l’emploi de leur territoire. Et ils jugent les politiques publiques à leurs effets : quand trois Français sur quatre estiment qu’une taxe sur un transporteur français profite d’abord à ses concurrents étrangers, ce n’est pas du corporatisme, c’est du bon sens.
À sept mois de l’élection présidentielle, c’est ce bon sens que nous demandons aux candidats d’entendre, et de traduire en une véritable stratégie nationale pour le fret et la logistique. »
Jean-Thomas Schmitt, président de l’Union TLF
L’Union TLF adressera aux candidats un livre blanc de trente mesures. La plateforme Fretlog 27 en suivra l’avancée.
Pour découvrir la plateforme : Fretlog 27

Méthodologie : enquête Toluna Harris Interactive réalisée en ligne pour l’Union TLF du 17 au 26 août 2026 auprès d’un échantillon de 1 041 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Méthode des quotas et redressement appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle, catégorie d’agglomération et région de l’interviewé(e). Le rapport complet est disponible sur demande auprès du contact presse.
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