Édito de Philippe de Crécy, Vice-président de TLF Overseas

Philippe de Crécy, Vice-président de TLF Overseas
ALERTE SUR LES ÉCHANGES COMMERCIAUX FRANÇAIS
Le 14 décembre pourrait marquer l’arrêt brutal des exportations depuis la France. Ce n’est pas une hypothèse : c’est un risque réel, imminent et évitable.
La France bascule vers DELTA IE, son nouveau système de formalités douanières, imposé par Bruxelles. Sur le papier, c’est une modernisation nécessaire. Dans les faits, on se dirige vers un fiasco annoncé. Le volet import ? Déployé avec des anomalies qui paralysent déjà nos flux de marchandises. Des blocages en douane, des retards logistiques, des entreprises qui subissent au quotidien les dysfonctionnements d’un système censé fluidifier leurs opérations. Le volet export ? Un saut dans le vide programmé pour le 14 décembre, dans seize jours exactement.
Le problème est clair : les outils informatiques ne sont pas prêts. Les instructions douanières ne sont pas publiées. Les entreprises naviguent à l’aveugle. Pourtant, la Commission européenne maintient sa date butoir, inflexible, indifférente à la réalité du terrain.
Au sein de TLF Overseas, les représentants en douane enregistrés se mobilisent jour et nuit avec les éditeurs de logiciels pour tenir l’impossible calendrier. Mais on ne rattrape pas des mois de retard en quelques semaines. La vérité, c’est qu’on ne peut pas garantir que toutes les déclarations en douane passeront par DELTA IE le 14 décembre 2025.
Les conséquences ? Une paralysie des exportations en pleine période de Noël, un moment stratégique de l’année. Pour le luxe, l’agroalimentaire, l’industrie : un désastre économique. Des commandes bloquées, des clients perdus, une réputation française écornée sur les marchés internationaux, au moment précis où les flux sont à leur maximum.
Nous alertons depuis des semaines. Nous avons sollicité la DGDDI, interpellé nos représentants à Bruxelles, martelé l’urgence auprès de la DG TAXUD. Le message est clair : il faut une période de transition réaliste, pas un diktat bureaucratique déconnecté du réel.
Il est temps que nos autorités mesurent l’onde de choc qui menace nos entreprises. Temps qu’elles agissent pour protéger l’économie française dont la douane est un maillon vital.
L’horloge tourne. Nous restons mobilisés mais nous ne pouvons pas faire de miracles sans une réelle prise de conscience. Ce qu’il faut maintenant, ce sont des solutions opérationnelles et adaptées. Vite.
C’est le message que nous adresserons au Directeur général des douanes auprès duquel nous avons sollicité un rendez-vous en urgence la semaine prochaine.
Philippe de Crécy

