"Quelle feuille de route pour la décarbonation du TRM ?"

L’Union TLF, à l’occasion de la remise de la feuille de route décarbonation véhicules lourds le 24 mai, a présenté au Gouvernement le plan d’action nécessaire aux conditions de réussite de cette décarbonation ambitieuse pour notre secteur. Eclairage dans un édito signé Tariel Chamerois, Président de la Commission Développement Durable de l’Union TLF.
« La transition énergétique constitue indéniablement un enjeu de premier plan pour le secteur du transport routier de marchandises (TRM). Ce changement de modèle, à la fois complexe et crucial, a déjà démarré. Pour passer à une échelle supérieure avec pour objectif européen l’atteinte de la neutralité carbone d’ici à 2050, il nécessite une planification claire pour les acteurs économiques, tant au niveau national que local, en France. Dans cette optique, l’Union TLF a travaillé depuis plusieurs mois avec l’Etat, les autres organisations de transporteurs, les constructeurs et les énergéticiens, pour dessiner une feuille de route de décarbonation des véhicules lourds de marchandises (article 301 de la loi Climat et Résilience).
Tout d’abord, rappelons que le TRM assure en France 90 % des flux de marchandises, représentant cependant moins de 7 % des émissions de gaz à effet de serre. Il s’agit là d’une activité incontournable, dont l’empreinte environnementale ne pourra être réduite qu’en s’appuyant sur un mix énergétique. Il ne suffit pas d’adopter une seule solution, mais plutôt de mettre en place différentes alternatives adaptées aux spécificités des véhicules et des usages, afin de réussir la transition énergétique de notre secteur ! Le BioGNV, les Biodiesels, l’électrique à batterie, l’hydrogène durable, les carburants liquides à faible teneur en carbone sont autant de solutions alternatives au diesel qu’il convient de rendre matures et disponibles, afin de permettre aux entreprises de verdir leurs flottes.
Si la transformation des motorisations et des carburants est essentielle pour tendre vers la neutralité carbone, il ne faut pas négliger la nécessité de “verdir” également le fret, qui constitue un autre levier indispensable pour atteindre nos objectifs. Cela implique de favoriser le report modal ou l’écoconduite, mais également de mieux planifier les infrastructures logistiques, ce qui permettra de réduire les kilomètres parcourus. Tous les acteurs sont concernés : constructeurs, fournisseurs d’énergie, logisticiens, transporteurs, donneurs d’ordre, collectivités… et ils devront agir ensemble de manière accrue !
De plus, le financement de cette transition aura un coût économique considérable. Il ne peut être supporté par les transporteurs seuls. Un plan d’engagement financier pluriannuel (par exemple dans le réseau d’avitaillement ou dans les aides à l’acquisition ou à la location de véhicules électriques), des aménagements en matière de fiscalité (Bio GNV, B100, XTL), sont des conditions sine qua non pour parvenir à la décarbonation rapide du secteur.
Pour cela, une meilleure visibilité et le respect du principe de réalité seront les clefs de notre réussite collective. »

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