Fin des aides gazole aux transporteurs : et maintenant ?
Alors que le gouvernement a annoncé ce matin reconduire le soutien carburant pour les secteurs les plus exposés (bâtiment, agriculture, pêche), il en exclut le seul transport routier de marchandises, dont le guichet d’aide s’est éteint au 31 août. Dans le même temps, le prix du diesel reste à des niveaux très élevés (+30 % depuis le début de la crise fin février (1)) et le niveau de trésorerie des transporteurs a atteint cette année son niveau le plus bas depuis vingt ans (2).
Une vive incompréhension des transporteurs
L’Union TLF fait part de son incompréhension face au signal adressé aux transporteurs à travers cette annonce. Les transporteurs n’attendent pas de vivre sous perfusion de l’État ; l’Union TLF avait précisément appelé à privilégier une baisse de la fiscalité sur le carburant qui est plus élevée en France que dans le reste de l’Europe. Aujourd’hui, les entreprises, malgré le contexte, se retrouvent sans aide ni réforme structurelle.
Pourtant, le secteur du transport de marchandises est essentiel pour l’économie et le bon fonctionnement de notre société. Comme l’a démontré le cabinet Asterès, le secteur transport et logistique soutient au total 9 % du PIB et 3,2 millions d’emplois à tous les niveaux de qualification et partout en France (3) .
L’Union TLF appelle à des mesures immédiates
Une vigilance particulière doit être accordée aux TPE-PME du secteur, qui sont les plus exposées. Pour cela, l’Union TLF réitère son appel à faire appliquer fermement la répercussion obligatoire de la hausse de leurs coûts.
Par ailleurs, l’Union TLF demande aux responsables politiques de revenir sur les mesures envisagées de hausse de fiscalité pesant sur les transporteurs. Elle appelle ainsi au maintien du régime fiscal sur le B100 dans le cadre du projet de loi de finances 2027 et demande un moratoire sur l’entrée en vigueur programmée des écotaxes régionales dans le Grand Est et en Alsace en 2027. Dans le contexte actuel, de telles taxes seraient tout simplement insupportables pour les transporteurs.
Au-delà de ces mesures immédiates, les candidats à l’élection présidentielle doivent prendre la mesure de la nécessité d’un choc structurel de compétitivité pour le transport et la logistique en France. L’Union TLF continuera d’alimenter la plateforme fretlog27.fr, mouvement initié lors de son assemblée générale en juin pour porter la voix des transporteurs et logisticiens dans la campagne présidentielle et législative.
[1] Source DGEC
[2] Source INSEE
[3] Asterès, Le transport de marchandises et la logistique : un pilier stratégique de l’économie française, mai 2026

« Il n’est pas acceptable que le transport de marchandises soit le seul secteur à qui l’on dise : « Circulez, il n’y a plus rien à voir ». Au contraire, il est urgent d’agir ! L’augmentation des prix du carburant aggrave de manière dangereuse notre déficit de compétitivité par rapport aux autres pays européens. Au total, c’est 9% du PIB et 3,2 millions d’emplois qui sont en jeu. Les demandes de l’Union TLF sont claires, à commencer par un moratoire sur toute hausse de fiscalité d’ici l’élection présidentielle : maintien du régime fiscal sur le B100 et moratoire sur les écotaxes régionales. »
Jean-Thomas Schmitt,
Président de l’Union TLF


